À Temae, notre 1re campagne taramea : 53 neutralisées
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À Temae, notre 1re campagne taramea : 53 neutralisées

01 September 2025 Equipe Te Aho Toa 5 min de lecture

Temae : retour sur notre première campagne de neutralisation des taramea

Le récif, on le voit tous les jours. Et parfois, on voit aussi ce qui ne devrait pas devenir “normal” : des taramea plus nombreuses que d’habitude sur une zone, des coraux grignotés, et des inquiétudes très concrètes - notamment le risque de piqûres, surtout pour les enfants. C’est dans ce contexte qu’a eu lieu, à Temae (Moorea), notre première campagne citoyenne de neutralisation, le dimanche 31 août 2025. Une action simple dans sa forme, mais sérieuse dans son encadrement : agir tôt, localement, et avec méthode.

Pourquoi Temae ?

Tout est parti de signalements de résidents : présence importante de taramea dans le lagon, observations répétées sur une petite zone, et inquiétudes liées aux piqûres.

Sur un récif, c’est souvent comme un départ de feu : au début, il est localisé. Si on intervient tôt, on peut limiter les dégâts. Si on attend que “ça passe”, cela peut s’étendre et devenir beaucoup plus difficile à gérer.

Une technique accessible à tous : l’injection de vinaigre

Lors de cette première journée, la neutralisation a été réalisée par injection de vinaigre blanc à l’aide de seringues, une méthode déjà testée et utilisée dans le Pacifique. L’idée est double :

• éviter de manipuler l’animal (et donc limiter les risques de piqûre),

• neutraliser rapidement, de façon ciblée. Sur place, le protocole est simple : trois injections de 10 ml suffisent pour neutraliser une taramea.

Côté science, cette approche est documentée : plusieurs études montrent que de petits volumes de vinaigre (ou jus de citron vert) peuvent entraîner une forte mortalité des couronnes d’épines, souvent en 12–24 h selon les modalités d’injection testées, sans signal de “contagion” observée dans leurs essais.

Le “plus” de cette première mission : apprendre en même temps qu’on agit

Cette journée n’était pas seulement une opération “terrain”. Elle avait aussi une dimension pédagogique et scientifique : trois spécimens ont été collectés et disséqués pour mieux comprendre la maturité des gamètes (et donc mieux situer les périodes sensibles).

Ce type d’observation aide à prendre de meilleures décisions : quand agir, comment agir, et comment éviter les effets contre-productifs. L’objectif n’a jamais été l’éradication, mais la régulation raisonnée : réduire la pression quand elle devient trop forte.

Un autre point marquant : des kits (seringues + vinaigre) ont été remis aux participants grâce à des soutiens locaux, avec une idée claire : permettre de continuer à agir.

Et maintenant ?

Depuis cette première campagne, notre ambition reste la même : protéger le récif avec les locaux, en combinant sensibilisation, méthodes éprouvées et suivi. Si vous voyez une zone à taramea (densité inhabituelle), n'hésitez pas à nous le signaler. Et si vous voulez participer : suivez nos prochaines dates, venez vous former, rejoignez une mission encadrée.

Le récif, c’est notre patrimoine vivant. Plus on s’y met tôt, plus on a de chances de le garder résilient.

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